« On reconnaît facilement le photographe professionnel au milieu d’un troupeau de touristes : c’est celui qui cache son appareil. » Impossible de ne pas penser à ce trait d’esprit de Roland Topor au moment de rencontrer Jean-François Noël.

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Historien et géographe de formation « à une époque où l’on avait plus envie de faire l’Histoire que de l’étudier », auteur-photographe passé par le syndicalisme et l’insertion professionnelle, Jean-François cite plus volontiers Robert Capa ou bien encore Gilles Caron. Gérald Boncourt ? Ce photographe qui a travaillé pour L’Humanité, Le Peuple ou bien encore La Vie Ouvrière lui a appris« qu’il était possible de militer, de résister et de changer les choses un appareil photo à la main ». Jean-François - qui voit en lui « le dernier de la grande lignée des photographes humanistes » - apprend à ses côtés les bases du photojournalisme. De quoi lui donner envie d’en faire son métier ? Oui et non ! Même si la question s'est posée plus d’une fois ! Si Jean-François n’a pas sauté le pas, c’est essentiellement parce qu’il souhaitait rester maître de ses choix. Et c’est parce qu’il faut cent fois sur le métier remettre son ouvrage - en tout cas si l’on souhaite progresser - que Jean-François qui a pris ses premières photos avec Kodak Instamatic 104 dans les années 60 se déplace le plus souvent avec un appareil photo dans sa besace.

Massy, notre homme qui travaille alors à Montreuil y pose ses valises à la fin des années 90. Où ça ? « Aux Graviers ! » Le concours-photo organisé par l’association Massy-Graviers ? « Francine, mon épouse ! » Jean-François, lui, va créer le Massy Photo Club en 2010. Conscient que « la photographie est un exercice assez solitaire, voire, individualiste » - pour citer notre auteur-photographe - qu’il se fixe pour mission de permettre aux photographes amateurs de sa ville d’adoption de se rencontrer, de partager leur passion…

Après une année de démarrage, le Massy Photo Club comptait plus de 50 membres et structurait ses activités. Au terme de sa 3e année, il regroupait déjà plus de 100 photographes. À la fin de la saison 2017-2018, il comptait 175 membres ! Ses activités ? Difficile d’être exhaustif ! Citons tout de même « des ateliers qui permettent d’aborder tous les aspects techniques et artistiques d’un genre photographique ». Au Massy Photo Club on acquiert aussi des connaissances et des savoir-faire.

La mise en valeur des photographies ? Pour plagier Pierre Perret : « Tout, tout, tout, vous saurez tout sur… » la photographie ! Que vous soyez photographe débutant ou photographe confirmé. Et vous pourrez même participer aux Vendanges Tardives dont « l’objectif est de faire connaître les travaux photographiques des membres du Massy Photo Club et de promouvoir la photographie et sa pratique auprès des Massicois et au-delà »… Ne jouons pas la carte de la fausse modestie, les Vendanges Tardives rayonnent bien au-delà des frontières massicoises !

Son Kodak Instamatic 104, il l’a depuis sacrifié sur l’autel de la modernité. Le numérique ? « J’y suis passé tardivement ! » S’il aime encore l’argentique c’est parce que cela permet de travailler lentement et d’être - contrairement au numérique - « obligé de réfléchir avant de déclencher » pour réaliser une bonne photo. Mais au fait, qu’est-ce qu’un cliché réussi ? « Une bonne photo ce n’est pas à mon sens une photo techniquement bonne - pour se louper avec le matériel d’aujourd’hui il faut presque le faire exprès - mais une photo qui soit bien composée et qui du coup dise quelque chose... et qui traduise que c’est le photographe qui a fait la photo et non l’appareil. »

« Il n’y a sans doute pas de hasard entre le fait que j’ai fait de la photo et le fait que j’ai fait de l’histoire et de la géographie : dans les deux cas on travaille le temps et l’espace. »

Jean-François Noël

Photographe - Président du Massy Photo Club

Bio expresso

2012 : « Espèces d’espaces en Essonne », première exposition personnelle (Archives Départementales de l’Essonne) ;
2014 : « Je me souviens », portraits de résidents de la Maison Geneviève Laroque (Ehpad de Morangis) ;
2015 : « Passeurs de mémoire », portraits de résidents du foyer Adoma rue Victor Basch.