« Moi je file un rancard / À ceux qui n’ont plus rien / Sans idéologie discours ou baratin / On vous promettra pas / Les toujours du grand soir / Mais juste pour l’hiver / À manger et à boire. » Difficile de ne pas penser à ces quelques vers signés Jean-Jacques Goldman au moment de rencontrer Nicole Ranc.

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Rien ne prédisposait pourtant Nicole, vingt ans de Restos du Cœur au compteur, à tenir la barre d’un des 2 085 centres et antennes que compte cette association née un jour de septembre 1985 à l’initiative de Michel Colucci, dit Coluche. « Notre moteur » pour citer cette responsable de centre dont le visage s’illumine à la seule mention de cet acteur et humoriste « qui en avait dans le ventre ».

De son enfance passée à Dinard, elle garde l’image d’une mère « à la hauteur » qui en avait tout de même « ras le pompon » de voir sa fille recueillir le moindre chat de gouttière ou chien errant croisant sa route. « J’ai toujours eu ce reflexe », nous confie-t-elle tout sourire. « C’est dans l’être. » Rien d’étonnant donc à la retrouver dans un refuge pour animaux de la région Île-de-France. L’Île-de-France ? Eh oui, Nicole a quitté sa Bretagne ! « Pour trouver du travail à l’époque, il fallait monter sur la capitale », nous explique-t-elle en parlant d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître pour citer un autre poète. Chez France Telecom – et qu’importe le poste occupé à tel ou tel moment de sa carrière –, Nicole est un phare dans la nuit pour ses collègues en détresse. « Les filles en détresse, c’était pour ma pomme », plaisante-t-elle avec ce franc-parler qu’on lui associe très vite. Nicole n’a pas la langue dans sa poche ! « J’ai toujours été comme ça », confesse-t-elle, « ça ne se contrôle pas »… Tout comme cette envie d’aider son prochain qui lui est pour ainsi dire tombée dessus du jour au lendemain. Notre Bretonne de naissance aime à parler d’un « déclic ».

« Et si je m’occupais des gens ? Et si je pouvais être utile ? » Voilà les questions qu’elle s’est posée un beau matin et qui l’ont mené à l’antenne massicoise des Restos du Cœur. C’était il y a vingt-ans ! Et vingt-ans plus tard rien n’a changé. L’enthousiasme des premiers jours est toujours là – « aider les autres m’apporte beaucoup » –, la raison d’être des Restos du Cœur aussi. « Le nombre de bénéficiaires augmente d’année en année », déplore Nicole. « Et cela ne va pas aller en s’arrangeant » prédit-elle en évoquant « les familles monoparentales, les personnes isolées ou les étudiants » qu’on peut croiser devant le local de l’association – à la Maison de la Formation et de l’Emploi – « les lundi, mercredi et jeudi – pour la période d’Hiver – parfois dès six heures du matin ».

Une charge de travail qui ne décourage pas notre retraitée pour qui encadrer les bénévoles et les bénéficiaires relève du « sacerdoce ». « J’y consacre tout mon temps libre ». Et pas question de parler de lassitude à celle pour qui « seule la maladie pourra faire cesser son activité ». « C’est du boulot, mais c’est du bonheur » dixit celle qui refuse de se laisser abattre. « Je tiens ça de ma mère. Je n’ai pas de mérite, c’est ainsi. »

Au moment de quitter Nicole, impossible de ne pas repenser à ces quelques vers chantés en 1985 par Michel Colucci : « À tous les recalés de l’âge et du chômage / Les privés du gâteau, les exclus du partage / Si nous pensons à vous c’est en fait égoïste / Demain nos noms peut-être grossiront la liste. »

Comment bénéficier de l’aide alimentaire des restos du cœur ?

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La confiance que nous font les donateurs impose d’employer au mieux leurs dons. L’aide des Restos s’adresse donc à ceux qui en ont le plus besoin. Pour recevoir l’aide alimentaire sous forme de paniers-repas, il faut s’inscrire chaque année et justifier de l’insuffisance de ses ressources. L’inscription est un moment difficile mais important qui demande une écoute chaleureuse. C’est le premier pas vers l’insertion. En effet, grâce aux renseignements recueillis, on identifiera quels sont les autres besoins de la personne accueillie : logement, emploi, illettrisme, santé… En revanche, pour bénéficier d’un repas chaud en centre ou auprès d’un Camion du Cœur, aucun justificatif de ressources n’est alors demandé.
source : www.restosducoeur.org

1961 : Quitte la Bretagne pour l’Île-de-France.
1997 : Devient bénévole au sein des Restos du Cœur.
2017 : Entame sa vingtième campagne au sein de l’association.