SALLE 105 / 1er ÉTAGE

« Qu’est-ce qu’une espèce tarifaire ? » nous demande Frédéric Saltron. Direction le « domaine mécanique, électronique et biens double usage » pour avoir la réponse. L’espèce tarifaire est la dénomination qui est attribuée à la marchandise dans le tarif douanier. « Un extrait végétal au sens douanier du terme est taxé à 0% alors qu’un extrait de vanille, lui, est taxé à 3%... » Au SCL, on vérifie donc l’espèce tarifaire à la recherche de fausses déclarations. Pas question pour autant de voir le mal partout. « Il arrive à certains de se tromper au moment de remplir leur déclaration notamment lorsqu’il est question de produits innovants. » Prenez des crackers à base d’insectes. « Est-ce une préparation alimentaire ? Est-ce un insecte ? » La question mérite d’être posée. Et le SCL est là pour y répondre.

SALLE 205 / 2e ÉTAGE

« Métaux, bijoux, pierre, bois, céramique. » Nous voilà au deuxième étage du bâtiment. Le SCL assure le contrôle des titres de métaux précieux histoire de s’assurer qu’un bijou en or déclaré à 75 millièmes contient bien 75% d’or et vérifie l’innocuité de bijoux fantaisie pouvant contenir nickel, plomb ou cadmium afin de vous protéger des allergies.

SALLE 303 / 3e ÉTAGE

« Notre alimentation résulte souvent d’une chaîne complexe d’actions, incluant des productions végétale et animale, des procédés de transformation, de conservation et de distribution » pour citer l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES). Et en ce qui concerne les contaminants alimentaires ? « Prenez des chips de pomme de terre ! Il faut savoir qu’il s’agit d’un aliment qui a subi un procédé de transformation qui a pu donner naissance à des composés indésirables comme l’acrylamide. » D’où la mise en place de plans de surveillance. Et en cas de dépassement du seuil réglementaire ? Adieu les chips ! L’occasion pour Frédéric Saltron d’évoquer un paradoxe en soulignant que « l’alimentation n’a jamais été aussi saine depuis des siècles mais que l’indice de confiance, lui, n’a jamais été aussi bas. »

SALLE 403 / 4e ÉTAGE

Direction le 5e étage du bâtiment où des agents en blouse blanche recherchent des résidus de pesticides dans des prélèvements réalisés par la DGCCRF. Particularité de ce domaine d’activité où l’on a traqué des résidus de Fipronil - un pesticide qualifié de « modérément toxique » par l’OMS - dans des œufs battus en omelette lors de la crise de 2017 ? Le SCL de Massy est un Laboratoire National de Référence (LNR) sur lequel s’appuie l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments ! Cocorico ! Ici, l’on traite environ 3500 échantillons /an et vingt minutes suffisent à tester la présence de résidus de 700 pesticides différents dans un échantillon. « Une prouesse ! »

SALLE 516 / 5e ÉTAGE

Au SCL, on vérifie la qualité et la sécurité des « produits alimentaires, laitiers et ovoproduits ». Un camembert IGP qui n’en est pas un ? Des fromages de chèvre avec du lait de vache ? Deux exemples, parmi d’autres, de fraude économique… aux conséquences parfois dramatiques comme lorsque des industriels chinois ont ajouté de la mélamine dans du lait. « La mélamine est un produit chimique qui, introduit dans le lait, est censé lui donner une qualité qu'il n'a pas et faire monter artificiellement le niveau de protéines… et donc son prix. » Résultat 300 000 nourrissons malades et au moins 6 morts en Chine et un contrôle de plus à inscrire dans la longue liste du laboratoire..