« LA CITADINE, JE NE LA LÂCHERAI JAMAIS, J’Y SUIS TROP ATTACHÉ. »

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« L’associatif c’est toute ma vie ».
Tenter d’égrener la liste des associations au sein desquelles a œuvré Hassen Bramli s’apparente à une tâche ardue voire interminable. De cet engagement d’une vie, nous ne dévoilerons que les grandes lignes. La pudeur de cet enfant de Tunis est aussi prégnante que son désir d’aider son prochain et sa crainte de l’ennui que Julien Green assimilait à l’un des visages de la mort. À ce monument de la littérature du XXe siècle, Hassen préfère Hugo. Un auteur qui a bercé son enfance et son adolescence. Francophile, Hassen ? C’est peu dire ! « J’ai parlé Français avant de parler Arabe », nous confie-t-il en souriant avant d’évoquer l’année 1962, date à laquelle il quitte son pays natal pour faire ses études de médecine en France.

Le voilà désormais Cachanais. Persuadé que l’ennui est le plus dangereux ennemi de notre être, Hassen rejoint le comité étudiant chargé des animations au sein duquel il crée un ciné-club et un laboratoire de développement photographique… Notre homme qui a créé la section tennis de table au sein de la fédération de Tunis un an avant son départ pour la France n’en est pas à son coup d’essai. C’est à cette époque qu’il découvre la kinésithérapie, une spécialité paramédicale qui n’a pas encore franchi la Méditerranée et dont il compte bien faire la promotion dans son pays une fois son diplôme en poche. Difficile pour Hassen de ne pas s’étendre sur ses activités annexes au sein du comité étudiant chargé des animations. Et pour cause ! C’est au mariage de l’un de ses camarades, le 30 novembre 1963, qu’il rencontre sa future épouse. « La sœur de la mariée ! »

Au revoir Cachan ! Bonjour Saint-Cloud ! Et la kinésithérapie ? Si certains de ses camarades décrochent le diplôme d’État, Hassen, lui, doit se contenter d’un certificat d’aptitude. Notre homme n’a tout simplement pas la nationalité française. La vie est ainsi faite. « Obtenir la nationalité française par intérêt ? Il n’en était pas question ! » Vexé, l’enfant de Tunis se promet de ne la demander que le jour où il n’en aura plus besoin. Résultat ? Il suit des formations complémentaires, devient enseignant en kinésithérapie et adhère à diverses associations.

Wissous, Arcueil, Fresnes, Hassen et son épouse parcourent l’Île-de-France avant de s’installer à Massy au tournant du XXIe siècle. Fan de modélisme, il gonfle les rangs du Massy Modèles Club dont il devient vice-président puis président en l’espace de quatre ans. « Nous nous sommes régalés », nous explique-t-il tout sourire, « Nous avons organisé des événements extraordinaires » comme pour le cinquantenaire du France où ils réalisent un modèle au 1/100e et pour le centenaire du Titanic où ils se surpassent en réalisant un modèle au 1/50e. C’est pourtant à cette époque qu’il quitte le navire. « Je sentais que j’avais tout donné et qu’il me fallait passer à autre chose. » Hassen rejoint alors le Conseil de Quartier de Villaine.

Si Hassen pense en avoir fini avec la vie associative – vie qu’il a découvert à 19 ans en rejoignant la SPA de Tunis – la vie associative, elle, n’en a pas fini avec lui. C’est ce qu’illustre son engagement au sein des Amis de la Citadine qu’il rejoint comme trésorier « pour rendre service » et dont il prend les rênes à la suite du décès de son président. « C’est une fine équipe dont les membres rendent énormément de services aux pensionnaires de cet EHPAD qu’ils cherchent à occuper le plus possible et le mieux possible en créant des animations ». Et quelles animations ! Hassen et la fine équipe des Amis de la Citadine ont réussi à organiser un récital de musique lyrique à l’Auditorium de l’Opéra au mois de février. Sur scène, une amie de la famille, Amélie – Mezzo-soprane diplômée de l’Université des Arts de Berlin – qu’Hassen a vu naître et grandir et qui met gracieusement son talent à sa disposition. À ses côtés, Loïc – « le fils d’une amie croisée dans une association » – qui accepte lui aussi de venir gratuitement. Résultat ? Un spectacle d’une grande qualité donné le 11 février dernier devant une centaine de personnes. Son dernier tour de force avant de voguer vers de nouveaux horizons ? Certainement pas ! « La Citadine je ne la lâcherai jamais. J’y suis trop attaché. »

HASSEN BRAMLI

1941 Naissance en Tunisie
1962 Arrivée en France à Cachan
1963 Rencontre sa future épouse
2009 Acquisition de la nationalité française
2016 Devient président des Amis de la Citadine