Connaissez-vous le Syndicat Intercommunal pour l’Assainissement de la Vallée de la Bièvre ? C’est au SIAVB - né aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale - que nous devons l’amélioration de la qualité de l’eau de la Bièvre ainsi qu’une gestion pour le moins remarquable et remarquée des crues. Rencontre avec ces femmes et ces hommes de l’ombre sans le concours desquels la vallée de la Bièvre n’aurait jamais été classée sur la liste des sites et monuments naturels de France en 2000, au moment où ils s’apprêtent à rendre le parc de Vilgénis accessible aux Massicois à la demande de la ville.

« La Bièvre est une rivière qui a pu faire peur dans le passé eu égard à ses débordements qui causaient beaucoup de dangers pour les personnes et pour les biens. Ce n’est aujourd’hui plus le cas. »

Thomas Joly

Maire de Verrières-le-Buisson et président du SIAVB

Ci-dessus : VILLAINES (S.-et-O.) – Les Bords de la Bièvre au 18e siècle

SI LA BIÈVRE, RIVIÈRE D’ÎLE-DE-FRANCE SERPENTANT SUR UNE TRENTAINE DE KILOMÈTRES, A INSPIRÉ L’ÉCRIVAIN ET POÈTE VICTOR HUGO, SON HISTOIRE N’A RIEN D’UN LONG FLEUVE TRANQUILLE.

Le verdict du baron Haussmann à son encontre est d’ailleurs sans appel. Le préfet de la Seine de 1853 à 1870 y voit un « égout » qu’il faut recouvrir… Les tanneurs et les lavandières auront eu raison de cette rivière dont « l’eau exténuée [et] putride » se jette alors dans les égouts de Paris.

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Et la haute vallée de la Bièvre ? Son sort, lui, se joue aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale avec la création du Syndicat Intercommunal pour l’Assainissement de la Vallée de la Bièvre (SIAVB) le 27 décembre 1945. Sa mission ? « Aboutir à une gestion durable de la rivière que ce soit en matière d’amélioration de la qualité de l’eau, de l’entretien de la rivière et de la gestion des crues » comme nous l’explique le directeur général des services du SIAVB, Jean-Michel Bordes.

Ci-dessous : Se sâlir les mains, c'est-à-dire descendre dans la Bièvre équipés de vêtements de pêche gardes, ne fait pas peur aux gardes-rivières qui sortent jusqu'à une tonne de détritus/jour de la rivière lorsqu'arrive l'Automne.

Syndicat Intercommunal pour l’Assainissement de la Vallée de la Bièvre… Plus qu’un nom, une MISSION.

Nous sommes en 1954 lorsque le syndicat met en place un système de collecte en réseau séparatif sur les 18 kilomètres dont il est responsable. Si les réseaux unitaires collectent les eaux usées et les eaux pluviales dans les mêmes canalisations, les réseaux séparatifs, eux, comprennent deux systèmes de collecte séparés. Ils présentent l’avantage d’éviter le débordement d’eaux usées dans la Bièvre lors d’évènements pluvieux.

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L’amélioration de la qualité de l’eau est « une bataille constante ». Et ne comptez pas sur les gardes-rivière du SIAVB pour contredire Jean-Michel Bordes ! Éric et Jean-Claude travaillent au quotidien à la réduction des rejets d’eaux usées dans la Bièvre. L’occasion de souligner que « de nombreux rejets correspondent à de mauvais raccordements des eaux usées domestiques ». Comptez également sur eux pour surveiller et entretenir les ouvrages hydrauliques du SIAVB « de Buc à Wissous en passant par Massy ». Ils nettoient les grilles de protection permettant de retenir les déchets qui risqueraient d’empêcher l’écoulement de la Bièvre et d’entraîner des débordements.

L’amélioration de la qualité de l’eau ? « Une bataille constante ! »

Jean-Michel Bordes

Directeur général des services du SIAVB

Ci-dessous : Le système de télégestion et de régulation hydraulique automatisé (ici à l’écran) permet de disposer d’une vision de la vallée de la Bièvre en temps réel.

Impossible pour le directeur général des services du SIAVB de parler de ses missions sans évoquer les inondations de 1982 liées à une pluviométrie exceptionnelle !

Ce sont 7,5 millions de m3 d’eau qui envahissent la vallée entraînant une catastrophe sans précédent. En réaction à cet événement, le syndicat met en place trois bassins de retenue supplémentaires (des Bas Prés à Jouy-en-Josas, des Damoiseaux à Bièvres, des Sablons à Vauhallan) et augmente ses capacités de stockage de 30%. Insuffisant ! « Mais pas question de doubler le nombre de bassins au risque de transformer le fond de vallée en gruyère.  »

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La solution passe donc par la mise en place en 1993 du premier système de télégestion et de régulation hydraulique automatisé. « De quoi disposer d’une vision de la vallée en temps réel », comme nous l’explique Hervé Cardinal directeur des services techniques au SIAVB. Les bassins de retenue ont donc été équipés de sondes permettant d’évaluer le débit en sortie du bassin ainsi que de vannes entièrement automatisées. Un système dynamique qui a permis d’éviter aux Massicois de se retrouver les pieds dans l’eau en 2016 ou bien encore en 2018 et auquel vont être reliés l’étang des Goachères et le bassin de rétention situé le long de de l’avenue de l’Europe à Massy. But de l'opération  : « augmenter nos capacités de stockage.» Un tiers du volume pourrait ainsi être gagné comme ce fut le cas avec le bassin de Vilgénis aval transformé en zone humide !

Mais pas question pour le président du SIAVB, Thomas Joly, de se reposer sur ses lauriers. « Personne n’est jamais à l’abri d’une crue centennale ou d’une crue millénaire. Il est très important d’avoir à l’esprit que nous aurons toujours un épisode pluvieux plus important que ceux qui l’ont précédé. Et c’est notre objectif d’être le mieux à même de le gérer de façon à diminuer au maximum les incidences sur les populations. »

Ci-dessous : Le bassin situé à côté de Cora sera bientôt mis au sec par le SIAVB pour gagner des capacités de stockage et mieux protéger, entre autres, Bièvres, Buc, Clamart, Igny, Jouy-en-Josas, Les Loges-en-Josas, Palaiseau, Saclay, Toussus-Le-Noble, Vauhallan, Verrières-Le-Buisson, Vélizy-Villacoublay, Wissous… et bien évidemment Massy.

SI LA PLUPART DES RIVIèRES URBAINES SONT DEGRADéES, LA BIèVRE, ELLE, RENAÎT !

Grâce notamment aux opérations de renaturation auxquelles procède le SIAVB. Renaturer ? « Cela consiste à entreprendre des travaux de restauration physique des milieux allant jusqu’au reméandrage de rivières autrefois canalisées. » Un exemple?

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C’est en 2000 que le syndicat a ouvert un bras de la Bièvre long d’un kilomètre entre Verrières-le-Buisson et Massy. La rivière jusqu’alors emprisonnée sous une dalle de béton servant de base à la RD 60 se retrouve alors à l’air libre ! À noter que des travaux sont en cours pour prolonger la réouverture de la rivière sur 203 m,  créer  2 ouvrages de franchissement, végétaliser les berges… De quoi vous donner envie de vous promener le long de cette rivière en empruntant ses 18 kilomètres de sentiers pédestres ou de passer trois week-ends au parc de Vilgénis en attendant son ouverture à la population d’ici juillet (voir ci-contre).

Renseignements : urbs.ville-massy.fr

le siavb s’apprête à rendre aux massicois un bijou que personne ne connaît.

Fort de son savoir-faire, le SIAVB va (re)faire de Vilgénis un espace naturel avec des zones humides, des secteurs de nidification, des refuges pour mammifères… Préparez-vous à y croiser des chevreuils au détour d’un chemin comme à l’époque où ce parc - dont on retrouve mention sur la carte de Cassini au XVIIIe siècle - n’était qu’un « ensemble de prairies avec quelques zones boisées  comme l’allée des pins ou l’allée des marronniers ».

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Reste que ces 18 hectares n’ont pas vocation à devenir un parc urbain ! « Vilgénis sera un site naturel protégé ouvert au public » comme le martèlent Jean-Michel Bordes et Hervé Cardinal. Que les défenseurs des nombreuses espèces protégées présentes sur le parc se rassurent. Le SIAVB prévoit de favoriser les plantes indigènes à baies pour les oiseaux, de mettre en place des prairies pérennes pour les insectes, de maintenir des milieux ouverts et restaurer les murets creux ou bien encore de garder des zones de quiétude et des fourrés denses pour les cervidés…

L'objectif est de varier les types de zones (prairies, bois, zones humides…) pour obtenir la plus grande biodiversité. Pour cela, il y a deux ans, les étangs ont été vidés. Des coupes d'arbres seront effectuées au mois de juin et à l’automne pour créer des prairies naturelles et mettre en valeur les boisements existants, bref,  pour rendre au parc son apparence d’autrefois.

L’ouverture officielle du parc est programmée pour le 1er juillet. L’occasion pour chacun de découvrir ses sous-bois, ses prairies, ses zones humides... zones bien trop rares en Île-de-France qui agissent comme de véritables filtres naturels et participent ainsi à l’amélioration de la qualité de l’eau de cette Bièvre au rythme de laquelle vit la vallée et bien évidemment Massy.

Évolution du parc / les grands axes du projet

Ci-dessous : Vue aérienne du parc de Vilgénis en 1949.

Ci-dessous : Vue aérienne du parc de Vilgénis en 2014.

Ci-dessous : projet 2018.

1 - Zone prairie

La « zone prairie » est la zone où le SIAVB va procéder à des  coupes pour redonner au parc son apparence d’antan.

2 - Zone humide

La « zone humide » correspond au secteur où les anciens étangs ont été vidés. Des « passerelles » seront mises en place pour pouvoir observer cette zone.

3 - Zone historique

La « zone historique » consiste, entre autre, en une mise en valeur du portail ancien du château de Vilgénis.

4 - Zone régénération

La « zone régénération » correspond à une zone de régénération du boisement afin de densifier la forêt.

5 - Zone refuge

La « zone refuge » est un secteur où aucune intervention ne sera faite.