De son enfance massicoise à son élection en tant que Maire le 22 octobre dernier, Nicolas Samsoen se confie et évoque le passé, le présent et l’avenir.

De son enfance massicoise à son élection en tant que Maire le 22 octobre dernier, Nicolas Samsoen se confie et évoque le passé, le présent et l’avenir.

J’aimerais remonter dans le temps et évoquer votre enfance. Quel(s) souvenir(s) en gardez-vous ?
J’ai grandi à Massy où mes parents se sont installés, en 1962, au 3, rue de Montpellier, avant d’acheter un appartement rue du Dauphiné, au 9e étage, dans lequel ils ont habité toute leur vie. De la fenêtre on pouvait observer toute la banlieue, d’Orly au Sacré-Cœur.

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Mon père était un médecin de famille à l’ancienne. Et je suis frappé de croiser aujourd’hui encore des gens qui me parlent de lui. Ma mère, elle, était pédiatre et a exercé à la Clinique de Massy et à la Protection Maternelle Infantile (PMI). Beaucoup de bébés nés à Massy dans les années 1980 sont passés entre ses mains. Dans les choses que je retiens d’eux, il y a le regard bienveillant sur les autres. Pour eux, chaque personne méritait le respect et l’attention.

D’autres souvenirs gravés dans votre mémoire ?
Je me souviens avoir fait du patin à roulettes, comme on disait à l’époque, avec Pierre Chopik [ndlr qui a donné son nom à l’anneau de roller] et un peu de tennis, mais je n’étais pas très doué. Je garde une image du terrain vague sur lequel a poussé la Mairie.

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Je me souviens de mon quartier qui ne s’appelait pas encore Massy-Opéra mais le Grand Ensemble Massy-Antony, du parc Descartes, de la camionnette d’Oscar le glacier avec sa petite musique… Et puis, je suis un enfant de la banlieue sud, un enfant du RER B en quelque sorte. J’ai grandi le long de cette ligne qui à l’époque marchait bien !
On se pose souvent des questions d’identité. Moi je suis né en Ile-de-France, mes deux parents sont nés en Ile-de-France, trois de mes quatre grands-parents sont nés en Ile-de-France… Si mon nom est d’origine flamande, mon identité, elle, est profondément banlieusarde. Elle est massicoise, francilienne et pas parisienne. J’adore Paris mais je crois que la banlieue a une identité propre.

Je me demandais si vous étiez issu d’un milieu politisé…
Pas du tout ! Alors pas du tout ! Mes parents votaient mais s’intéressaient très peu à la politique.

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C’est d’abord l’Europe qui m’a motivé. Ma première campagne politique, ce sont les élections européennes de 1989 pour Simone Veil… Et je reste passionnément pro-européen.

Puis vous rencontrez Vincent Delahaye…
Il y a en politique comme dans la vie des rencontres. Pour moi, il y a eu trois rencontres majeures.

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D’abord Raymond Barre – je sais que ça ne nous rajeunit pas –, qui incarne pour moi la rigueur intellectuelle et le refus de toute démagogie. Puis Bernard Stasi [ndlr ancien Ministre et Médiateur de la République], l’homme de tolérance et d’ouverture qui m’a fait aimer la politique. Et enfin, Vincent Delahaye, que j’ai rencontré en 1992, l’homme de terrain, la générosité, l’énergie, la simplicité, le sérieux. Trois rencontres essentielles pour moi.

Vous êtes donc tout naturellement sur la liste menée par Vincent Delahaye en 1995…
La victoire de 1995 reste pour moi un souvenir inoubliable. J’avais 24 ans et nous venions de gagner la mairie à la surprise générale.

De 1995 à 2001, vous occupez la fonction de Maire-Adjoint aux Affaires Scolaires. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Je dois dire que les débuts n’ont pas été très faciles. J’avais 24 ans, je n’étais ni parent d’élève ni parent tout court, je n’étais pas enseignant…

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Autant dire que le monde enseignant ne m’a pas accueilli à bras ouverts. Mais la situation s’est apaisée lorsque mes interlocuteurs ont compris que je les respectais, que je les écoutais et que j’étais capable de décider, c’est-à-dire de dire oui et de dire non ! Et plus précisément que j’étais capable si j’avais dit oui de tenir le oui et si j’avais dit non de ne pas céder à la pression.

Et vous adorez cela…
Si 20 ans après, lorsque je suis revenu en 2014, j’ai demandé à Vincent Delahaye de reprendre le scolaire c’est parce que j’ai adoré cela.

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L’éducation, il n’y a rien de plus important. Les enseignants sont les ouvriers de l’avenir de nos enfants. Notre rôle, c’est de leur fournir les meilleurs outils nécessaires.

Et vous devenez Maire-Adjoint en charge de l’Urbanisme, du Développement Économique et de l’Intercommunalité en 2001…
Ce sont aussi des questions d’évolution professionnelle.

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D’abord je ne suis plus étudiant. Je travaille. Je me suis marié. J’ai pour projet d’avoir des enfants. C’est clair que le temps dont je dispose n’est plus tout à fait le même. Qui plus est, de 2002 à 2004 je travaille en cabinet ministériel auprès de Gilles de Robien [ndlr Ministre du Logement et des Transports]. C’est un métier où on ne compte pas ses heures. Mais en même temps je tiens beaucoup à rester attaché à Massy. Je deviens Adjoint à l’Urbanisme aux côtés de Vincent Delahaye. Par rapport à la période 1995-2001, c’est un rôle d’adjoint totalement différent, davantage un travail de dossiers. Pendant cette période, nous jetons les bases de la transformation de la zone industrielle des Champs-Ronds en ce qui deviendra Atlantis. Et puis j’aide à défendre les dossiers de Massy. S’il y a aujourd’hui une passerelle des gares à Massy c’est d’abord dû à la ténacité de Vincent Delahaye, mais c’est aussi un peu lié au fait qu’à ce moment-là j’ai pu, par mes liens au gouvernement, faire avancer le projet un peu plus vite.

Et l’envie vous prend pourtant de vous éloigner de tout cela. Direction le Vietnam où vous occupez le poste de Directeur général d’une agence d’urbanisme et d’architecture de 2010 à 2012.
C’était un projet de vie très important pour moi d’aller habiter ailleurs. Et quand je dis ailleurs, c’est ailleurs loin.

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C’est dans des cultures différentes, dans un cadre différent. Je me suis donc installé quelques années au Vietnam en famille avec ma femme et mes quatre enfants.

Et que retenez-vous de ces années ?
Ce sont des années merveilleuses !

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Je me souviens d’une enquête mondiale qui avait fait pas mal parler d’elle en 2010 ou 2011 et selon laquelle les Français étaient le peuple le plus pessimiste au monde. Mais peu de gens ont remarqué que la même enquête qualifiait les Vietnamiens de peuple le plus optimiste au monde. Pour moi – un Français habitant au Vietnam à l’époque – c’était un contraste saisissant. Et c’est cet optimisme à tout crin, cette manière toujours très positive de voir les choses, que je retiens !

Et vous, vous revenez avec cet optimisme ?
Oui. Je trouve que l’optimisme est un devoir. Dans mes phrases fétiches il y a celle du philosophe Alain : « Le bonheur, j’entends celui que l’on conquiert pour soi, est l’offrande la plus belle et la plus généreuse. »

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C’est-à-dire que de tout faire pour être heureux soi-même est le meilleur moyen d’apporter et de donner du bonheur aux autres. Ce n’est bien sûr pas facile. La vie empêche parfois d’être heureux, mais cette idée du devoir collectif de montrer un visage souriant, d’être enthousiaste, de croire qu’on peut construire un monde meilleur, j’y tiens beaucoup…

Et que retenez-vous de ces années ?
Ce sont des années merveilleuses !

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Je me souviens d’une enquête mondiale qui avait fait pas mal parler d’elle en 2010 ou 2011 et selon laquelle les Français étaient le peuple le plus pessimiste au monde. Mais peu de gens ont remarqué que la même enquête qualifiait les Vietnamiens de peuple le plus optimiste au monde. Pour moi – un Français habitant au Vietnam à l’époque – c’était un contraste saisissant. Et c’est cet optimisme à tout crin, cette manière toujours très positive de voir les choses, que je retiens !

Et vous, vous revenez avec cet optimisme ?
Oui. Je trouve que l’optimisme est un devoir. Dans mes phrases fétiches il y a celle du philosophe Alain : « Le bonheur, j’entends celui que l’on conquiert pour soi, est l’offrande la plus belle et la plus généreuse. »

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C’est-à-dire que de tout faire pour être heureux soi-même est le meilleur moyen d’apporter et de donner du bonheur aux autres. Ce n’est bien sûr pas facile. La vie empêche parfois d’être heureux, mais cette idée du devoir collectif de montrer un visage souriant, d’être enthousiaste, de croire qu’on peut construire un monde meilleur, j’y tiens beaucoup…

De 2002 à 2004, Nicolas Samsoen a été Conseiller technique chargé de l'urbanisme et de l'environnement au Cabinet de Gilles de Robien, Ministre du Logement et des Transports, ici en déplacement officiel à la gare RER de Massy-Palaiseau.

De 2002 à 2004, Nicolas Samsoen a été Conseiller technique chargé de l'urbanisme et de l'environnement au Cabinet de Gilles de Robien, Ministre du Logement et des Transports, ici en déplacement officiel à la gare RER de Massy-Palaiseau.

Qu’est-ce qui vous pousse à vous intéresser au mandat de Maire ?
Avoir un impact direct sur la vie des gens – un impact que j’espère positif – est la chose la plus importante à mes yeux. Et le faire en travaillant avec eux, en prenant le temps d’écouter, en acceptant de ne pas tout savoir.

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J’ai passé beaucoup d’heures dans les conseils d’école à discuter avec les enseignants, les parents d’élèves. Ce sont des échanges qui permettent d’avancer, de trouver des solutions. Je prends un exemple : pour l’aménagement de la cour de Roux-Tenon, les enseignants n’étaient pas très contents de ce qu’on prévoyait. On a retravaillé ensemble, et on a fait un projet moins cher et mieux adapté. Chaque fois que je passe devant l’école, j’y pense et je suis content. Travailler pour les gens et avec les gens, c’est ça notre devoir d’élus locaux.

Avec en fil conducteur cette passion pour Massy…
Je pense que l’une des plus grandes forces de Massy c’est l’addition de gens et de réalités différentes. C’est effectivement un mélange de population – qui n’est jamais un sujet facile mais qui reste une force, j’en suis absolument convaincu.

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Et puis c’est le mélange de l’activité économique, du logement et des activités culturelles et sportives… C’est le bouillonnement massicois qui fait sa force et qui est aussi la raison pour laquelle j’aime cette ville qui fourmille d’envies, de projets grands et petits, et c’est ça qui est enthousiasmant.

Puis vous succédez à Vincent Delahaye…
Au-delà de l’envie d’être et de faire, je suis très touché, flatté, honoré - je ne sais pas quel est le bon terme - par la confiance que cela témoigne.

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J’espère que je serai à la hauteur ; en tout cas, c’est mon devoir de faire de mon mieux pour être digne de la confiance de Vincent qui m’a passé le relais et de celle de toute la majorité municipale qui m’a élu Maire… Ce qui nous engage, c’est le programme que nous avons présenté aux Massicois en 2014 et qui repose sur une formule simple : « Le mariage du
quotidien et de l’ambition. »

Le quotidien donc…
Certains rient des élus qui s’occupent du bout de trottoir. Eh bien nous allons continuer à nous occuper du bout de trottoir ! Nous allons continuer à nous occuper du quotidien !

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Mais je veux aussi dire que la collectivité ne peut pas tout et qu’il y a une responsabilité collective. Les rues, les trottoirs, les espaces verts c’est ce que nous partageons tous. Nous sommes tous responsables de nos comportements ; nous devons dire à celui qui salit ou qui fait du bruit que ça ne va pas. Cette « pression sociale » est indispensable. Et puis il y a les questions de sécurité ou, pour être précis, du travail à mener pour qu’une toute petite minorité ne pollue pas la vie des autres. Ce sont des sujets concrets : les rodéos, les occupations de halls. Cette lutte est un bras de fer sans fin : il ne faut jamais relâcher et ce n’est jamais gagné. Je ne promets pas que les difficultés disparaîtront. Je promets que nous ne renoncerons jamais.

Quid de l'ambition ?
Si j’estime que l’ambition est nécessaire, c’est d'abord parce qu’elle fabrique de la fierté et que la fierté d’habiter quelque part contribue à la qualité de vie. Je veux que nous soyons tous fiers d’habiter Massy. Et puis il y a une vision territoriale.

Quelle est cette vision territoriale ?
La France a besoin que l’Ile-de-France joue son rôle de métropole mondiale. C’est essentiel pour le pays. Et c’est toute l’idée du Grand Paris.

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Aujourd’hui, la grande faiblesse de l’Ile-de-France c’est que tout est concentré à l’intérieur du périphérique. Il y a besoin, hors de Paris, de lieux qui rassemblent des fonctions fortes comme le cinéma ou l’opéra, mais aussi l’économie, le sport ; de villes qui rayonnent et qui attirent ! Et pour ça, il y a une évidence géographique : Massy, c’est l’endroit où se croisaient déjà il y a trois ou quatre siècles la route d’Orléans et la route de Chartres. Plus près de nous, il y a le projet scientifique et technologique du Plateau de Saclay. C’est une chance extraordinaire : les mathématiques, la science, le génie français. Il ne pourra fonctionner sans s’appuyer sur une ville forte proposant aux chercheurs et aux étudiants de l’habitat, de la culture, du sport, des sorties… Et je pense que c’est là le devoir de Massy que de jouer son rôle métropolitain – puisque c’est le terme à la mode – tout en faisant en sorte que cela se fasse au bénéfice des Massicois. Mais comment ? En encourageant ce bouillonnement qui caractérise notre ville : la vie culturelle et sportive, la vie associative, la vie économique. C’est toujours dans les lieux mélangés que naissent les projets urbains les plus intéressants.

Dimanche 22 octobre, Vincent Delahaye - maire de Massy depuis 1995 - passe le relais à Nicolas Samsoen.

Que dire des transports ?
C’est une des spécificités de Massy que d’être découpée en quartiers par les infrastructures de transports, et il ne sert à rien d’imaginer constituer un centre-ville totalement utopique.

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Je pense que le travail d’un Maire est de faire en sorte que les limites physiques entre les quartiers ne deviennent pas des limites psychologiques. Et c’est la raison pour laquelle je trouve positif que la répartition géographique des équipements publics amène les Massicois à se déplacer d’un quartier à l’autre. Et puis les transports, c’est aussi une chance. Je vais me battre sans relâche pour l’amélioration des RER. C’est une question essentielle pour la vie quotidienne de tous les Massicois et pour réussir notre ambition. Il faut mesurer aussi le changement énorme que sera la Ligne 18 dans les déplacements, même à l’intérieur de Massy. On ira de Massy-Palaiseau, c’est-à-dire à la fois de la place du Grand Ouest et de la place de l’Union Européenne, à la place de France en trois minutes ! On a du mal à imaginer. Se battre pour que ces projets voient le jour est essentiel…

Et nos quartiers ?
Je pense que le développement ne peut être fort que s’il est équilibré. Il faut mener de front l’aménagement des nouveaux quartiers comme Atlantis et la transformation des quartiers existants comme Massy-Opéra tout en gardant à l’esprit que le renouvellement urbain prend du temps.

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Prenez Massy-Opéra, les premières opérations ce sont les rénovations du centre Bourgogne et du centre Languedoc. Ce sont des projets que nous avons préparés en 2003 lorsque j’étais Maire-Adjoint à l’Urbanisme et qui ont mis 10 ans à se réaliser. De la même manière, je veux que nous engagions une réflexion collective sur Villaine pour préparer une évolution du quartier qui occupera sans doute les 10 ou 15 prochaines années. Il faut travailler pour tous les quartiers et à long terme.

À quel rythme ?
Massy a connu ces dernières années une croissance rapide. Je suis fier de ce que nous avons fait. Pour autant, je crois que nous devons aujourd’hui prendre un peu de temps. Nous devons souffler un peu.

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Nous allons ralentir le rythme des nouveaux projets de construction sur Massy. Je prendrai pour exemple le secteur d’Atlantis près de la future école Rosa Parks. Il y a des permis de construire délivrés. On ne va pas tout arrêter. Mais je veux prendre le temps de réfléchir avec les habitants d’Atlantis et du centre-ville.

Pensez-vous à 2020 ?
Je pense évidemment à 2020 – puisque c’est la fin du mandat qui nous a été confié et qu’un Maire n’est dépositaire d’une fonction que pour un temps donné –, mais l’un de mes engagements envers les Massicois est de ne pas avoir le nez collé sur le court terme.

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Ne penser qu’à cette échéance serait une trahison de mon rôle de Maire qui consiste à penser à long terme. Les Massicois auront un choix à faire en 2020. Et par définition leur choix sera le bon. J’espère évidemment, et ce ne sera un scoop pour personne, que les Massicois nous feront confiance le moment venu. Mais quoi qu’il en soit, les conditions seront réunies pour que celui ou celle à qui incombera la fonction de Maire puisse assurer le développement à long terme de notre ville.