Cécile Engrand - Responsable du groupe Astrophysique du solide au sein du Centre de Sciences Nucléaires et de Sciences de la Matière (CSNSM), - est de ces Massicoises qu’on imagine avoir les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. C’est au sein de cette unité mixte de recherche relevant de l’IN2P3, du CNRS et de l’Université Paris Sud que Cécile et son équipe étudient la poussière extraterrestre. But du jeu : « comprendre la formation du système solaire ». De quoi imaginer une enfance passée à observer des astres lointains… à tort ! « C’est une passion qui m’est venue sur le tard » confesse-t-elle.

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Que Cécile nous permette de citer Thomas Corneille - « Et souvent, c’est l’effet des caprices du sort, Qu’au milieu des écueils on rencontre le port » - au moment d’évoquer sa rencontre avec l’astrophysicien Michel Maurette qui après lui avoir transmis sa passion devient son directeur de thèse. « Micrométéorites antarctiques : vers l’exobiologie et la mission cométaire Rosetta. » Tout est dans le titre. Nous sommes en 1995. S’en suivent trois années postdoctorales à l’étranger, « un an à Vienne et deux ans à l’Université de Californie à Los Angeles », au terme desquelles Cécile intègre le CNRS en tant que chercheuse pour étudier « la poussière extraterrestre qui est une relique de ce qui existait au début du système solaire ». Notre astrophysicienne - « chercheuse à plein temps » - aurait-elle la bougeotte ? « Non » répond celle qui n’a pas quitté le Centre National de la Recherche Scientifique depuis son arrivée en 1999.

Sauf que les membres du Centre de Sciences Nucléaires et de Sciences de la Matière ne se contentent pas de voyager dans le temps. Comment récolter des échantillons à même de nous dévoiler les origines du système solaire si ce n’est en montant des expéditions… en Antarctique ! Des expéditions initiées par Michel Maurette et auxquelles Cécile a participé une fois en 2002. Que dire de son périple ? Qu’elle a pris l’avion jusqu’à la Tasmanie puis le bateau jusqu’en Terre Adélie - bonjour le mal de mer - puis un petit avion à hélices jusqu’à la base antarctique Concordia située à environ 1 100 km de la base française Dumont d’Urville et à 1 200 km de la base italienne Terra Nova Bay. Un désert blanc « oppressant » qui permet cependant de récolter des échantillons loin de toute contamination terrestre. Des échantillons qui, une fois sous nos latitudes, sont analysés au microscope à balayage électronique. But de la manœuvre ? Vérifier que ces poussières sont bien d’origine extraterrestre. Et après ? Place à toute une palette de techniques analytiques pour comprendre comment ces particules se sont formées, dans quelles conditions, à partir de quels éléments… Plus qu’un métier, un sacerdoce pour celle qui a été co-investigateur scientifique de l'analyseur de poussière Cosima embarqué sur la mission Rosetta et qui participe depuis trois ans au dépouillement des données et à leur interprétation avec d'autres chercheurs.

« Qu’est-ce que je fais quand je n’ai pas la tête dans les étoiles ? Je m'initie à la pelote basque au sein de la section pelote basque de l'ESM... Et j'adore voyager ! » Si Cécile explique passer le maximum de temps avec ses deux enfants, elle concède « qu'il faut être passionnée pour faire ce métier ». Être chercheuse serait-il difficile ? « Oui. Nous sommes dans un contexte international de gens qui sont en compétition les uns avec les autres. » Résultat ? « Il faut trouver des idées » comme nous l’explique l’astrophysicienne droguée à la curiosité pour qui « le carburant du chercheur, c’est l’idée. »

1995 : Doctorat ;
1999 : Entrée au CNRS ;
2002 : Participation à une expédition de collecte de micrométéorites en Antarctique ;
2014 : Participation à la mission Rosetta comme co-Investigateur de l’instrument COSIMA (analyseur de poussières).